Histoire

La préhistoire

Le site archéologique de Menez Dregan, la nécropole mégalithique de la Pointe du Souc'h et l'allée couverte de Menez Korriged montrent l'ancienneté du peuplement sur le territoire de l'actuelle commune de Plouhinec. Menez Dregan est une ancienne grotte marine, aujourd'hui en partie effondrée, habitée par divers groupes humains successifs au Paléolithique inférieur, qui fait l'objet d'une fouille depuis 1988 ; elle se caractérise par une alternance de couches naturelles (galets marins, plage, dépôts d'érosion, attestant des variations successives du niveau de la mer) et anthropiques (sols d'occupations humaines successives) se répétant au moins à quatre reprises entre 500 000 et 250 000 av. J.-C. Les groupes humains ayant occupé cette grotte ont laissé un abondant mobilier lithique (galets aménagés, petit outillage formé de nombreux éclats de pierre et servant à la découpe de la viande, au travail de peaux et du bois) qu'ils ont abandonné sur les sols où ils s'installaient. « Les périodes d'installation des groupes humains se placent dans un contexte relativement tempéré, un climat océanique où l'influence du gel est peu marquée. (...) La bande côtière était sans doute fréquentée par des troupeaux de grands herbivores (...) ». Le site de Menez Dregan doit principalement sa notoriété aux vestiges de foyers qui y ont été découverts : ces structures de combustion sont en effet à ce jour parmi les plus anciennes traces actuellement connues dans le monde de la maîtrise du feu par l'homme.

Le tumulus de Kersandy, fouillé en 1975 par Jacques Briard

La butte funéraire, avant son arasement, mesurait quatre mètres de hauteur apparente pour un diamètre d'une quarantaine de mètres ; elle constituait un cairn comprenant une grande tombe centrale couverte d'une grosse dalle en granite dessinant un appendice céphalique et des épaulements ; il s'agit vraisemblablement d'une déesse-mère datant du mésolithique réutilisée comme dalle de couverture pour ce caveau datant de l'Âge du bronze. Ce caveau contenait les restes d'un grand coffre en bois, des pointes de flèche en silex de modèle armoricain ogival et les restes d'un poignard.

Les deux cairns néolithiques de la Pointe du Souc'h partiellement fouillés

Les dalles des dolmens sont de gros galets prélevés sur l'estran voisin, les autres pierres proviennent de carrières d'orthogneiss situées sur place, la découpe des pierres ayant été facilitée par la présence d'un réseau de diaclases perpendiculaires ; des pierres ayant servi de percuteurs, certaines atteignant 50 kg, ont été retrouvées.

Révolution française et Empire

Le 15 floréal an III (4 mai 1794), un instituteur, Jean Donnars, est nommé à Plouhinec. Il déclare : « Depuis le 15 floréal dernier que je fais ces écoles dans la commune de Plouhinec, j'ai eu, lorsque j'en ai eu le plus, 97 élèves, et lorsque j'en ai eu le moins, 46 (...). Ils ont assez assidûment fréquenté mes écoles, si ce n'est pendant la récolte et dans le temps de l'ensemencement où plusieurs d'un certain âge étoient indispensables à leurs familles pour les travaux champêtres. Je vois avec plaisir et satisfaction que mes élèves ont, en général, profité de mes leçons ; ceux qui, à leur entrée à l'école, ne connaissaient pas leur alphabet, épellent assez bien ; ceux qui avaient quelques notions de leurs lettres commencent à lire ; ceux qui commençaient à lire se sont beaucoup perfectionné et commencent à écrire et à faire quelque petit calcul. (...) ».

Le XXe siècle

La confection de la dentelle au début du XXe siècle

En 1903, Mme Henri de Lécluse-Trévoëdal fonde dans son château de Locquéran en Plouhinec un atelier de fabrication de dentelles irlandaises en vue de doter d'un métier les filles des pêcheurs, ainsi que les femmes mariées, créant même une variante du "point d'Irlande", appelé le "point breton". Le journal La Croix décrit, face à la crise sardinière, l'assistance par le travail grâce à la fabrication de dentelle en 1907 : « La fabrication de dentelle de Plouhinec compte 420 ouvrières dont 120 travaillent en atelier et 300 chez elles. Les jeunes filles sont seules admises à l'atelier. (...) En été, lorsque le temps le permet, elles travaillent en plein air sous les frais ombrages du parc de Mme Henri de Lécluse. »

La création de la paroisse de Poulgoazec

La paroisse Saint-Julien de Poulgoazec est créée le 12 avril 1926 par la scission de la paroisse de Plouhinec. L'ancienne chapelle du Passage dédiée à Saint-Julien le Passeur, qui était en ruines, avait été reconstruite en 1885-1886 sur les plans de Jean-Marie Abgrall. Elle fut totalement transformée par l'architecte Charles Chaussepied pour devenir en 1929 l'église paroissiale Saint-Julien de Poulgoazec.